Histoire de Petersbach

La première mention du village apparaît sous la plume du juge de paix Jean HOFFMANN. Il notait en 1804 qu’il était en possession d’une vieille Bürger Ordnung (règlement du village) se trouvant dans les archives communales (ce document n’existe plus), datée de 1445 et comportant 36 noms correspondant sans doute à autant de familles. On suppose qu’au milieu du 15e siècle vivaient environ 200 personnes à Petersbach. Elles habitaient toutes au bas du village autour de la petite église catholique. Mais cette importante communauté allait très certainement être décimée au cours des siècles par la maladie et les nombreuses guerres.

Une notice retrouvée aux archives départementales décrivant les limites du ban communal sous le nom de Petersbach effectuée le 29 octobre 1540 confirme l’existence de notre village. En 1561, Petersbach est qualifié de village welsche (français) comme nous l’apprend un document concernant la seigneurie de la Petite-Pierre« Il est une forêt dénommée Kapschitt faisant partie du village welsche de Besersbach, appartenant au comte de SALM, où le comte de La Petite-Pierre a le droit de chasse ». En 1559 des huguenots protestants persécutés dans leur région (surtout en Lorraine) s’étaient établis à Petersbach. Une deuxième vague d’immigration eut lieu après la Guerre de Trente Ans.

Le règlement communal de Petersbach de l’année 1612 qui réglementait avec rigueur la vie de la communauté villageoise est le plus ancien document se trouvant dans les archives municipales. C’est un registre de 14 pages com­plètement défraîchi, torturé par l’usage avec des feuilles intérieures jaunies par l’âge, encrassées par des consultations répétées, texte écrit en lettres gothiques et dont la lecture de certains mots est devenue impos­sible. On sait qu’à l’époque les habitations étaient regroupées au bas du village et ce n’est qu’en 1620 que fut construite l’auberge dans le haut du village. Mais on peut raisonnablement penser que le village s’était développé depuis le rachat par le comte de La Petite-Pierre en 1586. Il n’était habité alors que par 4 familles.

Pendant les nombreuses guerres au cours du 17e siècle (dont la Guerre de Trente Ans 1618-1648) le village ainsi que les communes environnantes subirent de graves dommages et le règlement communal tomba dans l’oubli. C’est seulement vers la fin du 17e siècle quand le pays fut remis des troubles de la guerre et de la misère qui avait décimé les habitants, que des immigrants s’établirent dans la région. En 1707, on trouva nécessaire de remettre à jour le règlement communal de Petersbach et de le transcrire (toujours en écriture gothique) pour un deuxième exemplaire plus lisible. Si le document initial de 1612 comportait 33 points, plusieurs articles s’ajoutèrent sur la deuxième version en 1707, en 1763 et le 12 février 1789, soit quelques mois avant la Révolution qui mit naturellement un terme à l’usage de ce règlement.

L’Alsace s’était à peine remise de la Guerre des Paysans, que s’abattit sur elle, un siècle plus tard, l’épreuve la plus terrible de son histoire, la Guerre de Trente Ans. En juillet 1633, des unités lorraines traversèrent le comté pour aller aux secours de la ville de Haguenau qui était assiégée par les Suédois. Elles furent défaites près de Petersbach par un comte Palatin, CHRISTIAN duc de Birckenfeld, général de l’armée suédoise. Les années 1635 et 1636 furent deux années terribles de guerre. Des hordes sauvages, surtout des Croates, pillaient, brûlaient, détruisaient de nuit comme de jour les villages de la région. Les habitants se cachaient dans les bois. La maladie et la famine s’en mêlant. Même si le village n’était guère peuplé, on enregistra à Petersbach de 1637 à 1639 : 2 baptêmes, 3 mariages et 1 enterrement.

Petersbach ne comptait en 1662, soit une quinzaine d’années après la fin de la guerre, que 5 noms de familles d’immigrés. Quand des temps plus calmes furent revenus, des étrangers s’établirent dans la région ; des soldats las de la guerre, quelques Français, mais surtout des Suisses qui fuirent leur pays en 1653 suite à une révolte paysanne. A peine avait-on pansé les plaies de la Guerre de Trente Ans que s’abattit sur la région de 1674 à 1676 une terrible épidémie, la peste (Der schwarze Tod). Dans le registre paroissial de La Petite-Pierre sont notés 70 enterrements pour la seule année 1674 Rien que dans les cinq premiers mois de l’année 1676 décédèrent de cette maladie plus de 100 personnes, ce qui représentait un pourcentage élevé vu la faible population de l’époque. A Petersbach, on ne dénombra que 4 décès dans cette même période, ce qui laisse supposer que peu d’habitants résidaient au village.

L’émigration au 19e siècle

L’émigration, la plus connue auprès de la population actuelle, fut l’Amérique du Nord. Cet exode allait s’accélérer après 1815 pour des raisons économiques. Il concernait principalement les cadets de famille, les ouvriers agricoles, les valets de ferme, les petits paysans, tous attirés par la promesse de devenir propriétaires de terres agricoles. Il convient d’y ajouter quelques artisans et des jeunes poussés au départ pour éviter le service militaire de sept ans en cas de tirage d’un mauvais numéro. En 1817, année de misère et de disette, Petersbach ne fut pas épargné par cette migration. Des centaines d’habitants des trois cantons de Diemeringen, Drulingen et La Petite-Pierre émigrèrent en Pologne prussienne et en Amérique. Un rapport de l’architecte lors de la construction de l’école protestante de Petersbach en 1846, fait apparaître que pendant les 7 dernières années, de 1839 à 1846, 25 chefs de familles avaient quitté le village, emmenant avec eux 120 à 125 enfants dont une trentaine en âge de se marier. Ce qui représentait un total de 175 personnes.

La Deuxième Guerre Mondiale

L’ensemble de notre village fut fort heureusement épargné pendant la guerre au moment de la libération, qui a été faite en douceur par les troupes françaises de la 2e Division Blindée du Général LECLERC, ce qui ne fut pas le cas des troupes américaines qui, elles, n’hésitaient pas à tirer à l’arme lourde et à détruire des maisons, sans nécessité absolue.

Si Petersbach n’eut à déplorer aucune victime civile, 21 enfants de la commune par contre, incorporés de force dans l’armée allemande, (les Malgré-Nous) ne revirent pas leur terre natale.